L’HÉPATITE

c’est quoi une hépatite ?

L’hépatite est une condition caractérisée par une inflammation du foie, qui peut être déclenchée par des agents pathogènes viraux ou d’autres facteurs non viraux.

L’hépatite est qualifiée de “aiguë” lorsqu’elle se manifeste peu de temps après que le corps a été exposé au virus responsable, et de “chronique” lorsqu’elle persiste pendant plus de six mois après le début de l’infection. Les virus les plus fréquemment associés à cette affection sont les virus de l’hépatite A, B et C.

L’hépatite A

L’hépatite A est une maladie virale causée par le virus de l’hépatite A (VHA), qui est un virus à ARN non enveloppé découvert en 1973. L’homme, ainsi que certains primates, constitue le seul réservoir naturel du VHA. Il est important de noter que l’hépatite A est souvent qualifiée d’hépatite “alimentaire” en raison de sa principale voie de transmission, qui se produit par l’ingestion d’aliments ou de boissons contaminés par des matières fécales, en particulier par le biais d’une manipulation manuelle inappropriée.

Le virus de l’hépatite A peut être présent dans le sang et les selles des personnes infectées avant l’apparition des symptômes. L’incubation de la maladie dure généralement de 15 à 30 jours et se déroule en deux phases distinctes. La première phase, appelée phase pré-ictérique, dure généralement une à deux semaines et se caractérise par des symptômes tels qu’une perte d’appétit, des nausées, une grande fatigue, un ensemble de symptômes semblables à ceux de la grippe, des douleurs articulaires et/ou abdominales. La seconde phase, appelée phase ictérique, peut présenter une jaunisse, bien qu’elle ne soit pas systématique, ainsi que des selles décolorées et des urines foncées.

Le VHA est particulièrement résistant dans l’environnement et peut survivre longtemps dans l’eau. Cela explique pourquoi, s’il est ingéré via des boissons ou des aliments contaminés, il peut entraîner des troubles gastro-intestinaux significatifs. De plus, le virus de l’hépatite A résiste aux concentrations de chlore couramment présentes dans l’eau potable et les piscines, et il est également insensible à l’alcool.

Un vaccin contre le VHA est disponible et est particulièrement recommandé, notamment pour les voyageurs se rendant dans des régions où la maladie est endémique. Ces dernières années, en raison de pénuries de vaccins, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande désormais de rechercher la présence d’anticorps avant de procéder à la vaccination, afin d’éviter un gaspillage de vaccins. Les anticorps recherchés sont appelés “anticorps totaux” (Ig Totales).

L'hépatite B

Il s’agit d’une infection virale hépatique causée par le virus de l’hépatite B (VHB), un virus à ADN enveloppé qui a été découvert en 1967. L’infection par ce virus est souvent asymptomatique, passant donc inaperçue.

Le VHB trouve son unique réservoir chez l’homme et est présent dans diverses parties du corps, notamment le sang, les sécrétions sexuelles, les lymphocytes, la moelle osseuse, le lait maternel et la salive. Il est important de noter que le virus peut survivre en moyenne jusqu’à 7 jours dans l’environnement et n’est pas inactivé par l’alcool.

Après une phase aiguë, certaines infections par le VHB guérissent spontanément, tandis que d’autres évoluent vers une forme chronique. Le risque de passage à la forme chronique dépend de l’âge du patient, avec un taux très élevé chez les enfants (environ 90 %) et moins important chez les adultes (10 à 20 %). En l’absence de diagnostic et de prise en charge, l’hépatite B peut évoluer en fibrose hépatique, cirrhose et, éventuellement, cancer du foie. Heureusement, la vaccination offre une protection contre cette infection.

Le VHB est hautement contagieux, avec un risque de contamination de l’ordre de 30 % en cas d’accident d’exposition au sang d’une personne infectée, ce qui est bien supérieur à celui du VIH (100 fois plus élevé) et du virus de l’hépatite C (VHC) à seulement 3 %. Les comportements sexuels à risque constituent le principal mode de transmission du VHB.

À noter qu’une infection par le VHB peut favoriser la contamination par le virus de l’hépatite D (VHD), car la transmission du VHD ne peut se produire que chez les personnes déjà infectées par le VHB. Le VHD seul n’a pas la capacité d’infecter une personne.

L’hépatite C

L’hépatite C, ou VHC, est une pathologie hépatique infectieuse causée par le virus de l’hépatite C, un virus à ARN. Bien que son existence ait été envisagée depuis un certain temps, ce n’est qu’en 1989 que le virus a pu être pleinement identifié. Cette infection se caractérise souvent par son caractère insidieux, étant fréquemment asymptomatique, bien qu’elle soit responsable d’un nombre significatif de décès en France, avec environ 2 700 cas par an.

Il est estimé qu’environ la moitié des individus touchés ignorent leur statut sérologique à l’égard du virus de l’hépatite C. Si la maladie n’est pas diagnostiquée précocement et traitée en temps voulu, elle peut évoluer vers une cirrhose du foie, voire déboucher sur un cancer hépatique.

Le génome du VHC présente une diversité considérable, avec 7 génotypes numérotés de 1 à 7, chacun ayant une distribution géographique spécifique. En France, le génotype 1 est le plus prévalent. La connaissance du génotype revêt une grande importance en vue de la prise en charge du patient, car les traitements efficaces pour un génotype donné peuvent ne pas convenir à un autre.

Après l’infection par le virus de l’hépatite C, la maladie suit généralement un parcours en deux phases majeures : l’hépatite aiguë, qui marque le début de l’infection, et l’hépatite chronique, caractérisée par une persistance de l’infection au-delà de six mois. Cette évolution est cruciale à prendre en compte pour l’évaluation et le suivi médical du patient.